Hot! [Expo photo] – Oeil pour Oeil avec Jean-Baptiste Joire

Tout commença par hasard le 22 mai 2011. Quelques jours avant, par sms, il apprend qu’il se passe quelque chose en Espagne, il ne regarde pas vraiment les informations, il ne sait rien du mouvement qui se développe alors au pays de la sangria. Place de la Bastille à Paris, il va boire un verre avec des amis et rencontre une banderole qui crie « Spanish revolution ». Puis des hommes, des femmes, des espagnols pour beaucoup, du joli monde indigné sur la place de la révolution.

Espoir Indigné - Photo : Jean-Baptiste Joire

Jean-Baptiste a 29 ans, une maitrise de cinéma en poche il est photographe professionnel depuis environ 4 ans, vit de son art « ça va, ça vient » et tourne parfois des reportages. Il propose aussi son temps et son talent aux membres de l’envolée bleue, association culturelle parisienne, qui souhaitent apprendre les secrets de la photographie. Il a été interviewé dans Télérama pour témoigner de son militantisme et lorsque je lui demande si certains photographes l’ont particulièrement inspiré il répond « Cartier Bresson pour son art de manier l’esthétisme et le documentaire » mais aussi Avedon, Don Mccullin pour d’autres raisons… il ne se souvient jamais des noms, moi non plus. Après tout, ce sont les impressions qui importent, laisser une trace, se souvenir, témoigner… il parle bien, j’écoute, puis lui demande : « que signifie faire de la photographie selon toi ? »

La photo c’est avant tout proposer un univers

Univers qu’il a déjà exposé une huitaine de fois dans divers endroits et qu’il compte de nouveau utiliser pour témoigner de la situation au Sénégal. Tandis que les y élections animent les foules, Jean-Baptiste compte bien ouvrir son univers. A ce jour nous ne savons si il a déjà pris des photos ou si, comme lors de ses débuts au sein du « mouvement », il n’a pu qu’observer et vivre ce qui se passe à 200%. Ce qui est certain, c’est que le militant est au chaud mais expose son regard sur l’indignation en mouvement dans l’hiver parisien. Croisé avec les clichés de Jean-René Segura, un ami photographe qui s’est concentré sur les raisons éventuelles de la révolte, ils offrent à eux deux une vision de l’espace public indigné, de la rue, théâtre de rencontres, d’espoirs. Ces photographies racontent l’histoire d’une lutte, d’un engagement, d’émotions et de la croyance dans un avenir meilleur. Après notre conversation, je me suis prise à rêver de changement, j’ai imaginé les moments forts qu’il m’a décrit : l’arrivée de la marche des indignés à Bruxelles partie pour certains d’Espagne, la solidarité d’inconnus lors d’un rassemblement sauvage place de Notre Dame, le regroupement de 1000 personnes pour une manifestation peu prévu place de la Bastille, La Défense… autant d’anecdotes qui m’ont semblé surréalistes et dont nous n’avons que trop peu entendu parler..

En attendant la suite de ce photographe coup de coeur, nous vous conseillons donc vivement de réserver pour une escale au Lieu dit, 6 rue Sorbier dans le 20ème (Ménilmontant). Pour ceux qui doutent encore, vous pouvez admirer un échantillon du travail de JB sur Les Indignés à l’adresse qui se cache derrière ce texte.

Information pratiques :

Exposition Oeil pour Oeil

Le Lieu Dit

6, rue Sorbier

75020 Paris

Encore plus pratique :
métro Ménilmontant (ligne 2) ou Gambetta (ligne 3)
bus : n° 96

Ouverture : Le Lieu-Dit est ouvert tous les jours sauf le lundi.

Horaires : mardi au samedi de 17 h à 02 h, dimanche de 12 h à 2 h (avec le service de déjeuner)

indignation feminine - Photo : Jean-Baptiste Joire

Pour en savoir plus sur les indignés sans lire un mot, ce podcast de France Inter vous sera d’une grande aide ;)

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